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Actualités

Evaluation du PPA de l'agglomération clermontoise : Contribuez à une enquête sur le PPA et son avenir Wednesday 27 May 2020

Puy-de-Dôme_paysage

La DREAL Auvergne-Rhône-Alpes invite l'ensemble des acteurs du territoire : parties prenantes des actions, élus, associations, représentants du monde économiques, citoyens à donner leur avis sur le Plan de Protection de l'Atmosphère de l'agglomération clermontoise.  

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes accompagne la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre de l'évaluation et le suivi du PPA de l'agglomération clermontoise, adopté le 16 décembre 2014.

Après 5 ans de mise en œuvre, le PPA de Clermont-Ferrand est actuellement en phase d’évaluation, phase requise réglementairement. En fonction des résultats obtenus, le préfet devra acter soit de sa continuité en l’état soit de sa mise révision.

N'hésitez pas à donner votre avis sur ce plan d’amélioration de la qualité de l’air en répondont à cette enquête avant le 30 juin prochain. 

LIENS UTILES

 

Les Plans de Protection de l’Atmosphère (PPA) sont élaborés par le préfet dans toutes les agglomérations de plus de 250.000 habitants et dans les zones où les valeurs limites réglementaires de qualité de l’air sont dépassées ou risquent de l’être. Les PPA définissent les actions adaptées au contexte local pour améliorer la qualité de l’air et sont mis en œuvre par l’État, les collectivités et les acteurs locaux.

 

[Coronavirus] Suivi de l'évolution de la qualité de l'air 3 semaines après le déconfinement Tuesday 26 May 2020

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Du 17 mars au 11 mai 2020, la France a vécu une période de confinement inédite en raison de la pandémie de COVID-19. Ce confinement a eu des effets remarquables sur l'état de la qualité de l'air, notamment dans les grandes agglomérations et le long des grandes voiries routières.

Régulièrement, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes fait le point sur l’évolution de différents indicateurs, voici la situation trois semaines après les premières mesures de déconfinement (jusqu'au 31 mai).

 

 

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Evolution actuelle  

La qualité de l'air de ces  dernières semaine est comparée, pour quatre polluants réglementés en air ambiant, à des « normales saisonnières » construites sur les observations de ces cinq dernières années sur les stations du réseau permanent d'Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. 

Oxydes d'azote (NOx) : les concentrations d’oxydes d'azote, principaux traceurs de la pollution automobile, ont largement chuté lors des deux premières semaines de confinement puis sont restées très en dessous des « normales saisonnières » durant toute la période de confinement. Une très légère tendance à la hausse se dessine depuis le déconfinement du 11 mai. Toutefois, les taux d'oxydes d'azote restent faibles à modérés, comme très souvent durant cette période de l'année, où les conditions météorologiques sont peu propices à l'accumulation de ces polluants. De plus, le trafic routier, secteur à l'origine de la grande majorité des émissions de ces polluants, n'a pas totalement retrouvé le niveau antérieur au confinement (environ 80% du trafic, en moyenne nationale, comme régionale, trois semaines après le début du déconfinement).

En savoir plus sur l'évolution du trafic routier : consultez le site du CEREMA.

Particules fines (PM10, PM2,5) : les concentrations de particules ont fortement varié au fil des semaines de confinement. Après une élévation (voir les explications plus loin dans l'actualité "Tendances générales depuis le début du confinement"), les semaines suivantes ont enregistré des taux relativement proches des "normales saisonnières", exceptée une baisse conséquente en semaine 18 suite à plusieurs jours pluvieux consécutifs. Depuis le déconfinement, on observe dès la première semaine une très légère progression des taux de particules, notamment PM2,5, qui pourrait être reliée à la reprise du trafic routier. Cette hausse se stabilise ensuite sur les deux semaines suivantes, à des niveaux proches des "normales saisonnières", à la faveur d'une activité encore partiellement réduite et d'une météorologie assez ventée, donc dispersive et favorable à la qualité de l'air.

Ozone (O3) : les teneurs sont en hausse régulière, à l'instar des années précédentes, cette situation n'est en rien exceptionnelle. En effet, la formation d'ozone est fortement dépendante de l'énergie du rayonnement solaire, qui s'accroit régulièrement de la fin de l'hiver à l'été. Au fil des semaines, de confinement, puis de déconfinement, aucune tendance d'évolution des concentrations d'ozone par rapport aux années antérieures ne se dessine. La formation de l'ozone est très largement régie par les conditions météorologiques, dès lors qu'un réservoir de précurseurs (oxydes d'azote et composés organiques volatils) est présent, même en quantité diminuée par rapport à une situation normale.

La qualité de l'air depuis le déconfinement  ne montre pas de signe de dégradation significative, elle continue même à rester, pour certains paramètres, à des taux assez proches des "normales saisonnières", voire inférieurs. Toutefois, il est difficile de conclure après un déconfinement encore partiel, il conviendra de compléter cette analyse après plusieurs semaines.

Les graphiques suivants montrent l'évolution de ces quatre indicateurs de pollution depuis le début de l'année 2020 jusqu'au 31 mai, comparée à des "normales saisonnières" calculées sur les 5 années précédentes.

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Comment lire ces graphiques ?
Ces graphiques montrent l’évolution depuis le début de l'année 2020 des concentrations des 4 principaux polluants traceurs de la pollution, et par ailleurs réglementés du fait de leurs  effets sanitaires ou environnementaux.  L’évolution au fil des semaines est représentée par la moyenne hebdomadaire des données mesurées en 2020 pour chaque semaine calendaire (du lundi au dimanche). L'amplitude (écart entre le minimum et le maximum) des moyennes hebdomadaires mesurées pendant la même semaine calendaire lors des 5 dernières années (2015 à 2019) permet de situer le caractère exceptionnel ou non de l'année 2020.
 Les données utilisées sont celles de tous les sites permanents de mesure de la qualité de l'air en situation "de fond", en milieu urbain ou périurbain, c’est-à-dire dans les lieux les plus représentatifs de l’exposition de l'ensemble des habitants de la région. La prise en compte d’une période de 5 ans permet de s’affranchir des variations inter-annuelles liées à la météorologie, il s’agit en quelque sorte de comparer à des « normales saisonnières ».

 

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Tendances générales depuis le début du confinement et explications sur le comportement des polluants 

Dès le début du confinement, une nette diminution des taux d'oxydes d'azote a été observée, de l'ordre de 50 à 70% selon les territoires, en lien avec la baisse spectaculaire du trafic routier. En revanche, pour d'autres polluants tels que les particules ou l'ozone, la tendance est plus contrastée, pour plusieurs raisons. D'une part, les sources de pollution sont nombreuses : outre les transports, on peut citer le chauffage, certaines activités industrielles et agricoles, des sources naturelles (érosion et envol de particules sous l'action du vent notamment). De plus, la chimie de l’air est complexe, il existe des polluants dits « secondaires », qui ne sont pas directement émis par les activités humaines, mais se forment dans l'atmosphère par réaction chimique, c’est le cas par exemple de certaines particules et de l'ozone. Enfin, les conditions météorologiques sont aussi un facteur déterminant car elles influencent positivement ou négativement l’état de la qualité de l’air d'un jour à l'autre. 

Pourquoi les concentrations de particules fines et d'ozone ont-elles parfois augmenté durant le confinement?  

Les particules :

Une baisse des températures en début de période a entrainé une augmentation des rejets du chauffage individuel au bois notamment, dont on rappelle qu’il est l’émetteur principal de particules dans notre région. Par ailleurs, une  météorologie très stable et sèche a pu favoriser l’accumulation et parfois le réenvol de particules fines déposées sur les sols. A d'autres périodes, des températures basses le matin, avec une humidité élevée, et des températures élevées l'après-midi, ont contribué à la formation de particules secondaires à partir d'oxydes d'azote et d'ammoniac. Le  travail agricole des sols, des brûlages destinés à limiter l’impact du gel sur les cultures,  et des brûlages de végétaux à l’air libre ont très probalement été également à l'origine d'émissions de particules. Enfin, des phénomènes d'import de  particules désertiques ont été constatés certaines journées.

L'ozone :

Comme certaines particules, l’ozone a une origine « secondaire », c’est-à-dire qu’il se forme à partir d’autres polluants, oxydes d’azote et composés organiques volatils, sous l’action des rayons UV du soleil. Ce polluant est donc dépendant de la météorologie, qui était très favorable à sa formation notamment mi-mars et durant plusieurs semaines en avril, avec un  temps, ensoleillé, doux voire chaud. A l'instar des particules fines, l'évolution des concentrations d'ozone ne parait pas avoir été influencée par le confinement. Les taux recensés ont notamment résulté de facteurs météorologiques. Ainsi, les concentrations ont été supérieures aux moyennes sur 5 ans lors des semaines 15 et 16, puis 22, marquées par un temps anticyclonique, plutôt chaud, voire chaud pour cette dernière semaine, sec, avec peu de vent... En revanche, les taux d'ozone sont passés sous les "normales saisonnières lors des semaines 18 et 20, semaines pluvieuses et fraîches pour la saison.

En savoir plus d’informations sur la formation de l’ozone : https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/article/episode-ozone 

 

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Réponses à vos questions sur la qualité de l'air et le COVID-19

"L’impact sanitaire du COVID-19 est-il aggravé par la pollution de l’air ? Que puis-je faire pour limiter mon exposition à la pollution de l’air intérieur en période de confinement ? Ou encore, si je suis allergique aux pollens, la situation est-elle plus grave pour moi en ce moment ? " 

Vous trouverez réponses à toutes ces questions dans cette "foire aux questions" réalisée par la fédération Atmo France.  

Nous publions également régulièrement sur notre site des actualités sur différents sujets  : pollens, air intérieur, déchets végétaux... Consultez toutes les actualités et si vous le souhaitez vous pouvez également vous abonnez aux bulletins d'informations par mail, vous serez les premiers informés en cas de dégradation de la situation. Il vous suffit de renseigner votre adresse, choisir le bulletin de vigilance pollution et définir une zone géographique.

 

Vous avez des questions d'ordre plus général ? 


Vous trouverez probablement des réponses sur notre site web www.atmo-auvergnerhonelapes.fr, que nous vous invitons à consulter, notamment :

- La page « Tous connectés », avec des liens vers des services gratuits, librement utilisables et adaptés aux besoins de chacun, via le site web ou des applications smartphones : cartes de prévision air et pollensoutils de planification, diffusion de données, signalements d’odeurs ou diagnostic d’air intérieur, éléments d'analyse, etc.

- La FAQ , avec des réponses à plus de 30 questions fréquentes,

- Des explications sur l’élaboration des cartes de prévision et le calcul des indices de qualité de l’air,

- La visualisation de l’emplacement des stations fixes de mesures et l’accès aux données téléchargeables,

- L’historique des épisodes de pollution ou des alertes incidents,

- Le diagnostic annuel 2018 (2019 en cours de finalisation) de la qualité de l’air par territoire ,

- L’accès à toutes les publications des 20 dernières années,

 

 

L’OPECST auditionne des experts sur les liens entre pollution de l’air et Covid-19. Monday 25 May 2020

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L’Office Parlementaire des Choix Scientifiques et Techniques (OPECST) vient de publier une note faisant la synthèse des connaissances actuelles sur les interactions entre pollution de l’air et Coronavirus.  L’objectif de cette synthèse était de savoir si la qualité de l’air pouvait avoir un impact sur l’épidémie. Cette note a été rédigée par Jean-Luc Fugit, Président du Conseil National de l’Air et Député du Rhône. La fédération Atmo France et plusieurs directeurs d’observatoires régionaux de qualité de l’air, dont Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, ont été auditionnés.  

 

Des auditions réalisées avec différents experts et organismes

Il ressort que l’hypothèse d’un transport du virus dans l’air par les particules fines n’est aujourd’hui pas démontrée. Si la pollution de l’air a indéniablement un impact sur la santé globale, son effet sur la mortalité par Covid-19 est encore peu documenté. Certaines études mettent toutefois en évidence que les régions connaissant des niveaux plus élevés de particules fines ou de dioxyde d’azote pourraient connaître un taux de mortalité dû au Covid-19 plus élevé que la moyenne. Ces travaux, non encore validés par la communauté scientifique, méritent un approfondissement avant de pouvoir en tirer de véritables enseignements. 

 

Si la pollution de l’air ne semble pas jouer massivement sur la transmission du virus, elle peut être considérée comme un co-facteur du risque de mortalité par Covid-19 des personnes infectées selon Santé Publique France. En effet, d’une manière générale, l’exposition à une pollution atmosphérique forte favorise le développement de maladies chroniques et diminue la réponse immunitaire de l’organisme face à des infections. C’est pourquoi, lors de son audition, Santé Publique France a rappelé que la reprise des activités ne doit pas se faire au détriment de la qualité de l’air, déterminant majeur de la santé. Une attention particulière de la part des pouvoirs publics, est nécessaire afin de maîtriser les émissions liées à la reprise et d’éviter l’impact sur la santé, en particulier pour les personnes les plus vulnérables.

Poursuivre la recherche sur l'exitence d'une corrélation entre pollution et Covid-19

Au regard de ces premières conclusions, l’OPECST recommande de poursuivre les travaux de recherche sur le sujet afin de mieux cerner l'impact des polluants atmosphériques en situation de crise sanitaire en vue d’ajuster l'arsenal des réponses à la crise. Un rapport plus complet pourrait être rendu publique d’ici la fin de l’année.

Dans cette optique, Santé Publique France s’appuiera sur les partenaires du programme de surveillance Air et Santé (Psas) - dont font partie les observatoires de qualité de l’air - pour poursuivre les recherches dans les prochains mois. Les travaux porteront sur deux axes : estimer les impacts à court terme et long terme des baisses de pollution atmosphérique ambiante occasionnés par les mesures prises pour limiter la propagation du virus ; étudier le lien entre l’exposition à long terme aux particules fines et le risque de décès et d’hospitalisation pour Covid-19.  

 

Plus de détails et d'informations :

 

Les techniciens d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes racontent leur travail quotidien pendant deux mois de confinement Thursday 14 May 2020

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Nous vous invitons à découvrir le témoignage de Mario Duval, responsable du support technique, et de certains des techniciens de l’observatoire. Depuis la mi-mars, ils sont restés mobilisés et ont assuré la maintenance sur le terrain du réseau de mesure de la qualité de l’air. Ils nous racontent comment ils ont adapté leurs activités et nous confient quelques anecdotes sur la façon dont ils ont vécu cette période de confinement. Une expérience riche et intense pour chacun d’entre eux et qui sera source d’enseignements pour organiser la suite de l’activité à l’heure du déconfinement progressif qui s’amorce.

Dans les coulisses de notre équipe technique à l'ére du coronavirus

L'observatoire régional peut compter sur une équipe de 16 technicien(ne)s de maintenance voué(e)s à l’entretien des 87 stations fixes et 17 remorques réparties sur les presque 70.000 km² de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Lorsque l’annonce du confinement généralisé a été proclamée, il a fallu s’organiser rapidement pour assurer la continuité des mesures avec une priorité à la surveillance réglementaire considérant que les interventions techniques étaient souvent réalisées par une seule personne et qu'elles  occasionnaient rarement des interactions avec des tiers. L'équipe technique a été dès le départ motivée pour maintenir l'activité de terrain.

D’un point de vue pratique, il a été décidé immédiatement du mode de fonctionnement : le technicien garde à demeure un véhicule de l’association  avec le matériel nécessaire aux interventions ordinaires et sa maison devient son nouveau centre de maintenance d’où il part et revient du terrain. Bien entendu, des trajets ont parfois été effectués vers un des 6 pôles régionaux d'ATMO pour récupérer des pièces détachées ou du matériel voire effectuer des opérations de maintenance. Et cela a très bien fonctionné puisque la continuité des mesures a pu être assurée en tout point du territoire de surveillance. Il a fallu ensuite définir les priorités du jour au lendemain car l’équipe a été divisée par deux compte tenu des problématiques liées à la garde des enfants principalement :

  • Report des maintenances non cruciales pour le bon fonctionnement des appareils
  • Priorisation des mesures les plus importantes : mesures correspondant au réseau minimal souhaitées par les directives européennes et les mesures indispensables pour le bon fonctionnement de la chaîne de modélisation qui permettent, tous les jours, de réaliser des cartes de pollution à J, J+1 et J+2
  • Réorganisation si nécessaire du planning d’études (les 17 remorques) pour pouvoir assurer, coûte que coûte, la bonne réalisation des projets de nos partenaires d’ici la fin d’année

Revoir le fonctionnement et assurer la protection de l'équipe technique

Dans l’esprit des désormais célèbres « gestes barrières », nous avons également essayé de mettre en œuvre des moyens de protection de fortune, à l'époque où les masques n'étaient préconisés que pour les soignants : gants de laboratoire utilisés lors de la manipulation des prélèvements, masque périmé acheté pour la grippe A (H1N1) de 2009-2010, bidon d’eau dans la voiture pour se laver les mains et les rares fois où un travail en binôme était nécessaire, déplacement dans des voitures séparées et respect de la distanciation sociale. Dernier élément vital, le maintien du lien social pour échanger les informations, prendre des décisions rapides ou avoir des nouvelles sur l’impact familial et/ou personnel de cette nouvelle organisation du travail. Et dans ce domaine, la qualité du réseau de télécommunication a permis de remplir ce challenge car au-delà du bon vieux téléphone la solidité du réseau internet a permis la connexion aux serveurs, qui hébergent tous nos outils de travail, et la réalisation de visioconférences à chaque fois que cela a été nécessaire.

Alors cela a donné lieux à quelques situations cocasses que personnes n’auraient imaginées avant le 17 mars :

  • Visioconférence avec des bruits d’enfants en arrière-plan
  • Réunion sur le terrain depuis son smartphone
  • ou dans sa voiture garée devant chez soi pour ne pas être dérangé par la famille

Mais il a fallu également faire preuve d’une bonne capacité d’adaptation car, s’il n’a pas été facile pour certains de rester cloisonnés entre quatre murs, ce n’était pas non plus évident de sortir et travailler alors que la France, voire le monde, étaient confinés pour cause de virus potentiellement mortel. C’était étrange comme situation, personne sur la route avec une impression quand même d’être dans la zone interdite de la centrale de Tchernobyl, que tout était contaminé et qu’il fallait faire attention de ne rien toucher avec les mains, ce qui n’est pas simple pour un technicien. Et puis rien n’était ouvert, impossible de se laver les mains, d’acheter ou remplir une bouteille d’eau ou tout simplement se restaurer. Les premiers contrôles de police ont également été un peu anxiogènes compte tenu de la situation inédite et puis, même si c’était rare, la rencontre avec un autre terrien laisse une saveur particulière car on ne peut pas s’empêcher de le regarder avec défiance en ayant cette question lancinante en tête : est-ce qu’il va me contaminer ? Enfin, il a fallu également prendre en compte le questionnement des conjoints, pour qui l’intervention paraissait parfois ubuesque au vu de l’épidémie en cours, sachant que sa moitié(e) pouvait à tout moment être la porte d’entrée familiale du virus. Sur l’ensemble de l’équipe, aucun n’a utilisé son droit de retrait pour danger grave et imminent, merci !

Il va de soi que cette période nous aura appris beaucoup sur nos forces et nos faiblesses et qu’il faudra, à un moment donné, nous arrêter quelques minutes pour y réfléchir et construire, avec le monde de demain dont on n'arrête pas d’entendre parler, les rapports au travail de l’ère post-coronavirus.

Le grand boum des graminées Wednesday 13 May 2020

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Les graminées ont déjà fait leur apparition depuis début avril, prenant le relai des pollens d'arbres (bouleau, aulne, noisetier, chêne). Cela ne surprendra pas les 20% à 30% de personnes allergiques au sein de la population, qui ont sans doute déjà ressenti les premiers désagréments causés par ces pollens. En effet, chaque printemps, le même cauchemar recommence, et les victimes du "rhume des foins" sont d’ailleurs quatre fois plus nombreuses qu'il y a trente ans. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes participe activement à la surveillance de cette pollution biologique de l’air en effectuant des relevés et des comptages de pollens sur plusieurs sites de la région, et à la prévision par modèle numérique pour l'ambroisie.

Voici quatre questions/réponses pour mieux connaître et comprendre les pollens et leurs effets... 

 

  1. 2020 est-elle une année particulière pour les graminées ?

Il est encore tôt dans la saison de pollinisation des graminées, elle se prolonge jusqu'à mi-août environ. Cependant, la saison a démarré fort, notamment à l'ouest de la région, à la faveur de températures presque estivales durant plusieurs journées en avril et durant la première décade de mai. Puis des journées pluvieuses et fraiches ont ralenti la progression de la pollinisation. A compter de mi-mai, le soleil sera à nouveau généreux durant plusieurs jours consécutifs, on peut  s'attendre à une hausse du nombre de pollens dans l'air, induisant un risque allergique élevé à très élevé dans notre région pour la semaine en cours selon le RNSA (4 à 5 selon les territoires sur une échelle de 1 à 5). Par la suite, tout dépendra des conditions météorologiques, l'alternance "soleil et pluie" étant le cocktail idéal pour le développement des plants de graminées...

A noter : à partir d'environ 60 grains de pollens par m3, le risque allergique s'établit à 3 (ressenti de premiers symptômes incommodants), et au delà de 300 grains de pollens par m3 environ, ce risque est à 5.

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2. Quel est le calendrier pollinique en Auvergne-Rhône-Alpes ?

Les organismes chargés en France de surveiller les pollens sur l’ensemble du pays (RNSA, AASQA dont Atmo Aurvergne-Rhône-Alpes, APSF), estiment qu’en Auvergne-Rhône-Alpes, les pollens d’ambroisie, de bouleau et de graminées sont ceux qui présentent le risque allergique le plus fort.

La gravité du phénomène dépend de différents paramètres comme la phénologie de la plante (période de la saison pollinique), mais aussi les conditions météorologiques, qui déterminent la dispersion des pollens.

Actuellement c’est la saison des graminées (chiendent, dactyle, céréales...), dont le temps fort se situe entre mai et juillet.

Retrouvez le calendrier pollinique d’Auvergne-Rhône-Alpes :

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3. La pollution atmosphérique amplifie-t-elle les allergies aux pollens ?

La pollution joue un rôle important. D'une part, elle modifie la structure du pollen : en entrant au contact d’un polluant chimique, la paroi du grain de pollen se déforme et libère plus d'allergènes, qui vont pénètrer dans le système respiratoire. D’autre part, elle fragilise l’individu. L’ozone et le dioxyde d’azote augmentent par exemple l’hyper réactivité bronchique en favorisant la production d’anticorps, activateurs de l’allergie. Les particules en suspension modifient également le seuil de sensibilité aux allergènes.

En savoir pus sur l'exposition de la population générale aux pollens de l’air ambiant et les interactions entre pollens et polluants : l'avis de l'ANSES

 

4. Comment se protéger des allergies ?

Mieux on est informé, plus on peut anticiper les pics de pollen : vous  pouvez consulter   la carte hebdomadaire du risque allergique d’exposition aux pollens sur le site d'Atmo Auvergne-Rône-Alpes ou vous abonner au bulletin pour recevoir la prévision hebdomadaire de l’indice pollinique.

En cette période propice aux allergies, soyez encore plus attentif à ces recommandations, notamment en cas de pics de pollution atmosphérique. N’hésitez pas à consulter un professionnel de santé (médecin généraliste, allergologue…) en cas d’aggravation des symptômes !

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[Coronavirus] Evolution de la qualité de l'air ces 2 derniers mois et juste après le déconfinement du 11 mai Tuesday 12 May 2020

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Du 17 mars au 11 mai 2020, notre territoire a vécu une période de confinement inédite, due à la pandémie de COVID-19. Ce confinement, comme précisé dans un précédent article, a eu des effets sur la qualité de l'air, notamment dans les grandes agglomérations et le long des grandes voiries routières. Les taux d'oxydes d'azote, émis en majorité par le trafic routier, ont chuté pendant le confinement et restent à des niveaux faibles à modérés une semaine après le déconfinement. Pour d’autres polluants, notamment les particules fines et l’ozone, le bilan est plus contrasté, en raison notamment de la multiplicité des sources impliquées et de l'importance des conditions météorologiques. 
  

Quel est l'impact chiffré du confinement dans la région ? Comment expliquer une qualité de l'air tout de même dégradée certains jours ? Nous suivons en permanence l’évolution de différents indicateurs de l'état de la qualité de l’air, voici les observations de ces dernières semaines.

 

 

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Evolution actuelle  

Neuf semaines après le début de la période de confinement et juste après le déconfinement du 11 mai, l'évolution de la pollution de l'air par comparaison aux « normales saisonnières » des cinq dernières années met en évidence les points suivants en Auvergne-Rhône-Alpes :   

Oxydes d'azote (NOx) : les concentrations d’oxydes d'azote, principaux traceurs de la pollution automobile, ont largement chuté lors des deux premières semaines de confinement puis sont restées très en dessous des « normales saisonnières » durant toute la période de confinement. Une légère tendance à la hausse se dessine depuis le déconfinement du 11 mai, corrélée avec la reprise progressive du trafic automobile. Toutefois, les taux restent encore largement inférieurs aux "normales saisonnières". Outre les conditions météorologiques très favorables à la dispersion des polluants depuis le déconfinement, il est possible que le trafic routier soit davantage réparti sur l'ensemble de la journée, moins concentré le matin et le soir, ce qui pourrait avoir pour effet de limiter le phénomène d'accumulation des polluants. De plus, le trafic routier n'a pas encore totalement retrouvé le niveau antérieur au confinement.

En savoir plus sur l'évolution du trafic routier : consultez le site du CEREMA.

Particules fines (PM10, PM2,5) : les concentrations de particules ont fortement  varié au fil des semaines. Après une élévation (voir les explications plus loin dans l'actualité "Tendances générales depuis le début du confinement"), les semaines suivantes ont enregistré des taux relativement proches des "normales saisonnières", exceptée une baisse conséquente en semaine 18 suite à plusieurs jours pluvieux consécutifs. Depuis le déconfinement, on observe une très légère progression des taux de particules, notamment PM2,5, qui pourrait être reliée à la reprise du trafic routier.

Ozone (O3) : les teneurs sont en hausse régulière, à l'instar des années précédentes. En effet, la formation d'ozone est fortement dépendante de l'énergie du rayonnement solaire, qui s'accroit régulièrement de la fin de l'hiver à l'été. Comme pour les particules, une diminution significative a été relevée semaine 18, du fait de la météorologie médiocre, mais globalement les concentrations sont proches des "normales saisonnières" du début du confinement jusqu'à maintenant.

La qualité de l'air depuis le déconfinement  ne montre pas de signe de dégradation significative. Les taux de pollution restent faibles à modérés, assez proches des "normales saisonnières", voire inférieurs. Toutefois, il est diffcile de dégager une tendance et de conclure après seulement une semaine de déconfinement, il conviendra de refaire et compléter cette analyse après plusieurs semaines.

Les graphiques suivants montrent l'évolution de ces quatre indicateurs de pollution depuis le début de l'année 2020 jusqu'au 17 mai, comparée à des "normales saisonnières" calculées sur les 5 années précédentes.

Comment lire ces graphiques ?
Ces graphiques montrent l’évolution depuis le début de l'année 2020 des concentrations des 4 principaux polluants traceurs de la pollution, et par ailleurs réglementés du fait de leurs  effets sanitaires ou environnementaux.  L’évolution au fil des semaines est représentée par la moyenne hebdomadaire des données mesurées en 2020 pour chaque semaine calendaire (du lundi au dimanche). L'amplitude (écart entre le minimum et le maximum) des moyennes hebdomadaires mesurées pendant la même semaine calendaire lors des 5 dernières années (2015 à 2019) permet de situer le caractère exceptionnel ou non de l'année 2020.
 Les données utilisées sont celles de tous les sites permanents de mesure de la qualité de l'air en situation "de fond", en milieu urbain ou périurbain, c’est-à-dire dans les lieux les plus représentatifs de l’exposition de l'ensemble des habitants de la région. La prise en compte d’une période de 5 ans permet de s’affranchir des variations inter-annuelles liées à la météorologie, il s’agit en quelque sorte de comparer à des « normales saisonnières ».

 

On observe.jpg

Tendances générales depuis le début du confinement et explications sur le comportement des polluants 

Dès le début du confinement, une nette diminution des taux d'oxydes d'azote a été observée, de l'ordre de 50 à 70% selon les territoires, en lien avec la baisse spectaculaire du trafic routier. En revanche, pour d'autres polluants tels que les particules ou l'ozone, la tendance est plus contrastée, pour plusieurs raisons. D'une part, les sources de pollution sont nombreuses : outre les transports, on peut citer le chauffage, certaines activités industrielles et agricoles, des sources naturelles (érosion et envol de particules sous l'action du vent notamment). De plus, la chimie de l’air est complexe, il existe des polluants dits « secondaires », qui ne sont pas directement émis par les activités humaines, mais se forment dans l'atmosphère par réaction chimique, c’est le cas par exemple de certaines particules et de l'ozone. Enfin, les conditions météorologiques sont aussi un facteur déterminant car elles influencent positivement ou négativement l’état de la qualité de l’air d'un jour à l'autre. 

Pourquoi les concentrations de particules fines et d'ozone ont-elles augmenté ?  

Les particules :

Une baisse des températures en début de période a entrainé une augmentation des rejets du chauffage individuel au bois notamment, dont on rappelle qu’il est l’émetteur principal de particules dans notre région. Par ailleurs, une  météorologie très stable et sèche a pu favoriser l’accumulation et parfois le réenvol de particules fines déposées sur les sols. A d'autres périodes, des températures basses le matin, avec une humidité élevée, et des températures élevées l'après-midi, ont contribué à la formation de particules secondaires à partir d'oxydes d'azote et d'ammoniac. Le  travail agricole des sols, des brûlages destinés à limiter l’impact du gel sur les cultures,  et des brûlages de végétaux à l’air libre ont très probalement été également à l'origine d'émissions de particules. Enfin, des phénomènes d'import de  particules désertiques ont été constatés certaines journées.

L'ozone :

Comme certaines particules, l’ozone a une origine « secondaire », c’est-à-dire qu’il se forme à partir d’autres polluants, oxydes d’azote et composés organiques volatils, sous l’action des rayons UV du soleil. Ce polluant est donc dépendant de la météorologie, qui était très favorable à sa formation notamment mi-mars et durant plusieurs semaines en avril, avec un  temps, ensoleillé, doux voire chaud. A l'instar des particules fines, l'évolution des concentrations d'ozone ne parait pas avoir été influencée par le confinement. Les taux recensés ont notamment résulté de facteurs météorologiques. Ainsi, les concentrations ont été supérieures aux moyennes sur 5 ans lors des semaines 15 et 16, marquées par un temps anticyclonique, plutôt chaud, sec, avec peu de vent... En revanche, les taux d'ozone sont passés sous les "normales saisonnières lors des semaines 18 et 20, semaines pluvieuses et fraîches pour la saison.

En savoir plus d’informations sur la formation de l’ozone : https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/article/episode-ozone 

 

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Réponses à vos questions sur la qualité de l'air et le COVID-19

"L’impact sanitaire du COVID-19 est-il aggravé par la pollution de l’air ? Que puis-je faire pour limiter mon exposition à la pollution de l’air intérieur en période de confinement ? Ou encore, si je suis allergique aux pollens, la situation est-elle plus grave pour moi en ce moment ? " 

Vous trouverez réponses à toutes ces questions dans cette "foire aux questions" réalisée par la fédération Atmo France.  

Nous publions également régulièrement sur notre site des actualités sur différents sujets  : pollens, air intérieur, déchets végétaux... Consultez toutes les actualités et si vous le souhaitez vous pouvez également vous abonnez aux bulletins d'informations par mail, vous serez les premiers informés en cas de dégradation de la situation. Il vous suffit de renseigner votre adresse, choisir le bulletin de vigilance pollution et définir une zone géographique.

 

Vous avez des questions d'ordre plus général ? 


Vous trouverez probablement des réponses sur notre site web www.atmo-auvergnerhonelapes.fr, que nous vous invitons à consulter, notamment :

- La page « Tous connectés », avec des liens vers des services gratuits, librement utilisables et adaptés aux besoins de chacun, via le site web ou des applications smartphones : cartes de prévision air et pollensoutils de planification, diffusion de données, signalements d’odeurs ou diagnostic d’air intérieur, éléments d'analyse, etc.

- La FAQ , avec des réponses à plus de 30 questions fréquentes,

- Des explications sur l’élaboration des cartes de prévision et le calcul des indices de qualité de l’air,

- La visualisation de l’emplacement des stations fixes de mesures et l’accès aux données téléchargeables,

- L’historique des épisodes de pollution ou des alertes incidents,

- Le diagnostic annuel 2018 (2019 en cours de finalisation) de la qualité de l’air par territoire ,

- L’accès à toutes les publications des 20 dernières années,

 

 

[Coronavirus] dé-confinement et préservation de la qualité de l'air : un enjeu de santé publique Monday 11 May 2020

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Le confinement est sans doute derrière nous, et le "monde d'après" occupe à présent tous les esprits. Une chose est certaine et acquise à ce stade : le confinement a positivement impacté la qualité de l'air avec la baisse des émissions d'oxydes d'azote majoritairement imputables au trafic routier. Forts de ce constat, il est primordial à présent de concilier déconfinement et préservation de la qualité de l’air. De nombreuses solutions peuvent permettre d'atteindre cet objectif : comme par exemple les mobilités actives qui favorisent aussi la distanciation et l'exercice physique, ainsi que la qualité de l'air. En effet, les automobilistes sont exposés à la pollution intérieure de l'habitacle et aux émanations des pots d'échappements des autres véhicules. Ils sont donc plus exposés à la pollution que les cyclistes et les piétons. Enfin et surtout, différentes études ont montré une aggravation des pathologies du COVID-19 en lien avec le niveau de pollution de l’air. C'est pourquoi, la question de la qualité de l'air demeure une sujet d'actualité à suveiller de près dans ce "monde d'après". C'est pourquoi, pour la fédération Atmo France qui réunit les observatoires régionaux de qualité de l'air, la question de la qualité de l'air demeure une sujet d'actualité à suveiller de près dans ce "monde d'après".

La qualité de l'air à l'heure du confinement dans notre région

Chez Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, notre mission de surveillance a continué durant cette période, et a permis de faire plusieurs bilans de la qualité de l'air de la région durant ces 8 semaines de mise à l'arrêt. Vous pouvez retrouver ci-après tous les articles en lien avec la continuité de la surveillance et les constats dressés par nos équipes durant les 2 derniers mois, qui ont permis d'observer des mesures jamais vues et de tirer des enseignements.

Déconfinement et préservation de la qualité de l'air en Auvergne-Rhône-Alpes

La reprise d'activité liée au déconfinement pourrait dans les prochains jours altérer la qualité de l'air, suivant l'accentuation de certaines sources de pollution, en particulier le trafic routier, et également la météo. Cependant, le déconfinement peut s'opérer tout en maintenant une bonne qualité de l'air, dans le respect des mesures barrières. C'est ce que les solutions de mobilités actives s'emploieront à prouver. Vélo, trottinette, ou encore marche à pied présentent de multiples avantages dans ce "monde d'après" :

  • Facilitation de la distanciation physique
  • Coût financier plus favorable comparé à la voiture
  • Pratique d'une activité physique avec de nombreux bénéfices pour la santé (baisse des risques d’apparition des principales pathologies chroniques, meilleure santé mentale, réduction du risque de surpoids)
  • Diminution de l'exposition à la pollution de l'air

De nombreux territoires de la région adaptent leur schéma de circulation pour encourager les mobilités actives. Rapprochez-vous de votre mairie ou communauté d’agglomération pour obtenir le détail des mesures mises en place.

Enfin, cette période est l'occasion de (re)découvrir et utiliser notre application mobile Air to Go pour vous permettre de choisir votre itinéraire piéton ou cycliste en fonction de la qualité de l'air.

Gagner la bataille de l'air : l'enjeu pour l’après Coronavirus

Une fois que cette crise du coronavirus sera derrière nous, comment pourrons-nous accepter de continuer à respirer un air pollué ? Les liens entre pollution de l'air et dégradation de la santé ne sont plus à démontrer. Ils ont été établis au travers de nombreuses études, dont les plus récentes, montrent le lien entre certaines aggravations du COVID-19 et mauvaise qualité de l'air.  Si la bataille de l'air a pu être en partie enrayée durant ces 8 semaines de confinement, le "monde d'après" doit en tirer des leçons : une meilleure qualité de l'air est possible !

L'évolution de nos habitudes individuelles et collectives durant les 2 mois de confinement a prouvé que la société peut s'adapter et se transformer. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, au même titre que les autres associations de surveillance de la qualité de l'air et leur fédération Atmo France sont prêtes à apporter leur expertise pour la construction du monde d’après le confinement pour contribuer et conserver l'amélioration de la qualité de l'air constatée durant 2 mois de façon durable au niveau de nos territoires, nos modes de déplacement, notre espace de vie. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes est ainsi à la disposition de l'ensemble des parties prenantes : Etat, collectivités, acteurs économiques, associations et chercheurs, pour les accompagner dans l'intégration du cycle vertueux de la qualité de l’air dans les plans et programmes de dépollution en identifiant les sources de pollution, en observant la pollution respirée et en évaluant les expositions à la pollution de l’air extérieur et intérieur. 

 

 

 

Confinement et bonne qualité de l'air intérieur : adopter les bons gestes efficaces ! Monday 27 April 2020

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Actuellement confiné dans nos habitations, cette situation n'est pourtant pas inédite d'un point de vue qualité de l'air intérieur. En effet, en "temps normal", nous sommes à près de 80% de notre temps dans des lieux fermés. Toutefois être confiné ne signifie pas vivre calfeutré dans son logement, bien au contraire ! Découvrez comment de petits gestes au quotidien peuvent vous permettre de préserver la qualité de votre air intérieur.

Comment prendre soin de votre air intérieur ?

  • Aérer quotidiennement durant 10 minutes (de préférence le matin ou le soir) en créeant un courant d'air dans le logement.
  • Dégager les systémes de ventilation obstrués (par un meuble, ou des saletés) pour permettre une bonne circulation de l'air dans son habitat.
  • Réduire les sources d'humidité qui peuvent être à l'origine de moissisures, nocives à la santé. L'aération au quotidien permet d'ailleurs de les limiter.
  • Entretenir les appareils de chauffage et de climatisation.
  • Privilégier des produits nettoyants peu polluants lorsque vous faites votre ménage.
  • Enlever les poussières en passant un chiffon humide et/ou l'aspirateur avec les fenêtres ouvertes.
  • Enclencher sa hotte ou ouvrir ses fenêtres lorsque l'on prépare de bons petits plats.
  • Pour le barbecue : préférer un démarrage rapide pour limiter la fumée et choisir un emplacement dégagé et aéré pour limiter que la fumée pénètre dans les habitations.
  • Bricolage : privilégier l'emploi de produits sans solvants et labellisés air intérieur, et veiller à bien refermer les contenants.
  • Jardinage : pour rappel, l'emploi des pesticides domestiques est interdit depuis le 1er janvier 2019, soyez vigilants. Enfin, ne pratiquer pas le brûlage de vos déchets verts, pratique interdite sous peine d'une amende. Préférer le compostage, ou la mise de côté avec vos anciens produits pesticides pour un prochain passage à la dechetterie.
  • Enfin pour les fumeurs : vapoter et fumer sont à effectuer en extérieur.

 

Retrouvez tous ces précieux conseils en vidéo :

 

D'autres détails sont a retrouver dans notre actualité H24 confinés à la maison, trois bonnes pratiques pour une bonne qualité de l'air chez soi.

Ne calfeutrez pas votre air intérieur, et laissez l'air circuler chez vous ! 

Confinement et qualité de l'air : dans la vallée de l'Arve et ailleurs, des données citoyennes permettent de mieux comprendre cette situation inédite Thursday 23 April 2020

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En Auvergne-Rhône-Alpes des citoyens équipés de micro-capteurs participent depuis peu à des observatoires citoyens de mesure de la qualité de l’air. Leurs données permettent aujourd’hui d’affiner les conclusions sur l'impact du confinement.

Les constats des experts affinés grâce à la participation citoyenne 

Le confinement améliore-t-il la qualité de l’air dans notre région ? Globalement oui, et cela dès les premiers jours. Un impact notamment positif sur les polluants émis majoritairement par le trafic routier, comme les oxydes d’azote qui diminuent certains jours jusqu’à 80%. Une baisse spectaculaire, voire jamais vue témoignent les ingénieurs et prévisionnistes d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. Pour les particules fines, dont les sources sont multiples, l’impact semble plus mitigé. Des observations à retrouver entièrement dans leur évaluation de l’impact des premiers jours de confinement sur la qualité de l’air en Auvergne-Rhône-Alpes. 

Mais qu’en est-il plus localement, et plus particulièrement sur les particules fines ?  

Justement, des citoyens répartis sur tout le territoire régional constatent pour la première fois ces résultats par eux-mêmes, grâce au déploiement par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes de plusieurs observatoires citoyens de mesures de la qualité de l’air. Ils consistent en l’installation, par des citoyens et des acteurs de la société civile, de micro-stations de mesure au sein de leurs logements et bâtiments ainsi que le suivi des données produites au quotidien.  

Exemple de l’observatoire lycéen de la Vallée de l’Arve 

Un de ces premiers projets de mesures citoyennes est l’Observatoire lycéen de la vallée de l’Arve. Réunissant Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, le groupe Bontaz et les lycées de Passy et Cluses, ce projet a permis à près de 40 élèves de construire tout au long de leur année scolaire un réseau expérimental de 30 micros-stations de mesure de particules fines. 

Antonin, l’un des élèves, nous explique le projet : 

Des micro-stations de mesure qui sont aujourd’hui déployées sur tout le territoire de la vallée de l’Arve, et dont les données, consultables sur la plateforme captotheque.fr, permettent d’affiner notre compréhension de l’impact local du confinement notamment en matière de pollution particulaire.  

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La carte des micro-stations de l'observatoire lycéen de la qualité de l'air

 

Dans la vallée de l’Arve, une augmentation des particules constatée par les lycéens 

En analysant les données de cet observatoire lycéen, les lycéens et les citoyens présents sur la plateforme constatent effectivement une augmentation des particules fines pour l’ensemble des micro-stations, dès le 18 mars, soit le lendemain du confinement. Cette augmentation est continue pendant près de 2 semaines, jusqu’à la fin du mois de mars. 

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Données mesurées sur une des micro-stations de l’Observatoire lycéen de l’Arve, issue de la Captothèque. Les particules augmentent du début du confinement jusque fin mars, avec un pic autours du 26 mars, presque 10 jours après le confinement.

Sur certains sites, on mesure des concentrations pouvant atteindre 40 µg/m3 en moyenne journalière, notamment sur la journée du 26 mars, alors que l’activité et les déplacements personnels sont considérablement restreints par le confinement.  

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Une autre micro-station de l'observatoire lycéen de la Vallée de l'Arve, qui relève des concentration jusqu'à près de 40µg/m3 le mars 29 mars, en plein confinement

 

Un phénomène observé aussi à Grenoble et dans la Métropole de Lyon

Dans l'agglomération grenobloise, à Seyssins et à Herbeys, d’autres micro-capteurs sont déployés chez des particuliers. Sur ce territoire, les mêmes phénomènes sont constatés, comme le montre le graphique ci-dessous, laissant le citoyen à l’origine de la mesure perplexe :

 

Voici ma mesure sur plus d’un mois avec confinement depuis le 17 mars, on voit un pic autour du 29/30 mars que je ne m’explique pas  - JLC, expérimentateur qui a installé une micro-station dans sa maison de Herbeys

 

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Un expérimentateur qui accueille l’une des micro-stations de la captotheque se questionne sur l’augmentation des particules pendant le confinement.

 

A Bron, dans la métropole de Lyon, une microstation est également installée chez un particulier depuis le 20 mars. Ici aussi, il constate une augmentation de particules mesurées jusque fin mars, avec un point culminant à 32 µg/m3 de particules mesurées le 29 mars. Ainsi, même en milieu périurbain, là où le confinement a le plus d’impact, les particules peuvent continuer d’augmenter.

 

J’ai été surpris de voir que les particules mesurées par mon capteur n’aient pas baissé, c’est même l’inverse ! Pourtant depuis le confinement l’environnement n’a jamais été aussi calme autour de chez moi, notamment en termes de circulation routière - AFREI, expérimentateur de la Captothèque à Bron 

 

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En milieu urbain, là où le confinement à priori a le plus d’impact sur la qualité de l’air, les particules continuent aussi d’augmenter.

 

Le chauffage individuel au bois en cause ?

Cette augmentation des concentrations de particules dans l’air, malgré une forte diminution de l’activité, peut indiquer un impact accru du secteur résidentiel, comme le chauffage domestique, sur la pollution aux particules.

Le chauffage au bois, connu pour être la première source de pollution aux particules fines en hiver dans la région, apparait comme un responsable majeur. La baisse des températures, constatée sur la deuxième quinzaine du mois de mars, appuie cette analyse par une utilisation accentuée du chauffage.

 

Je suis en milieu périurbain, à l’entrée de Lyon, dans une zone résidentielle avec beaucoup de maisons individuelles. Avec le confinement et à la vue des données de mon micro-capteur, j’ai un peu observé mon environnement alentour… et c’est vrai qu’on remarque pas mal de panache provenant de cheminées. Je ne pensais pas qu’il y avait autant de maisons équipées de cheminée si proche de la ville ! 

 

Des sources exogènes, et des réserves techniques à prendre en compte

Les ingénieurs d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes mentionnent également les particules secondaires issues de l’activité agricole ainsi que la présence de masse d’air « grande échelle » transportant des poussières désertiques, la discrimination de ces sources n’étant possible que grâce aux analyses poussées effectuées dans le cadre de l’Observatoire classique d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes.  

L’avancée des technologies de micro-capteurs permettront prochainement d’intégrer d’autres polluants, comme les oxydes d’azote, et d’élargir encore la capacité de ces observatoires citoyens à améliorer  notre compréhension des phénomènes influençant la qualité de l’air d’un territoire. Aussi, l’offre de micro-capteurs proposés au sein du dispositif Captothèque est en constante évolution, et tend à se fiabiliser et se diversifier dans un futur proche.

 

Analysez-vous aussi les données citoyennes

En attendant, ces capteurs hébergés par des particuliers fournissent une estimation indicative supplémentaire sur la concentration en particules fines dans l’air, avec l'avantage de les fournir en temps réel. Chacun peut d’ailleurs suivre l’évolution de ces mesures en s’inscrivant directement sur le site Captotheque.fr

 

 

Les urbains et riverains des axes routiers ont bien mieux respiré depuis le début du confinement. Monday 20 April 2020

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Les observatoires régionaux de qualité de l’air représentés par leur fédération, Atmo France, publient ce jour un bilan confirmant la très nette diminution de la pollution automobile partout en France depuis la mise en place du confinement. Une bonne nouvelle pour les personnes habitant dans les agglomérations et le long d’axes routiers importants. Les baisses observées oscillent entre - 30 % et - 75% selon la ville ou l’agglomération considérée. Depuis un mois, la pollution de l’air due au trafic routier a été aussi faible voire inférieure aux niveaux habituellement mesurés un dimanche. 
La région Auvergne-Rhône-Alpes s’inscrit dans cette dynamique positive. Sur les principales villes, les NOx ont baissé de  l’ordre de -54% à -72%. Les villes de Grenoble, Clermont-Ferrand et Annecy sont celles qui connaissent les plus fortes baisses. 
Alors qu’un déconfinement progressif va s’amorcer à partir de la mi-mai, il ne faudrait pas qu’une reprise de l’activité économique et donc du trafic routier viennent annihiler les améliorations observées ces dernières semaines en matière de qualité de l’air. La situation que nous vivons actuellement le prouve : une diminution drastique du trafic routier a un impact positif et immédiat sur la qualité de l’air et donc sur notre santé à court comme à long terme. 

 

Des concentrations de NOx en diminution sur toute la France

Atmo France avec l’appui des observatoires régionaux de qualité de l’air, dont Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, a analysé l’évolution des concentrations moyennes journalières en NOx du 1er au 31 mars 2020 sur des stations de mesure représentatives de l’exposition à la pollution due au trafic routier dans les principales agglomérations françaises. 
La baisse du trafic routier liée au confinement a eu pour impact une diminution significative des concentrations d’oxydes d’azote (NOx) sur tout le territoire français métropolitain et outre-mer. 
Sur le mois de mars 2020, la mise en place du confinement a mené à une baisse des concentrations moyennes journalières en NOx proches des axes routiers de -50% à Bordeaux ; -70% à Toulouse ; -67% à Fort-de-France ; -63% à Lyon et -69% à Marseille par exemple (voir infographie 1). 
 
L’évolution des niveaux de NOx a également été analysée pour plusieurs agglomérations de plus de 500 000 habitants. On constate une baisse de -73% pour l’agglomération parisienne, de -72% pour l’agglomération grenobloise, de -70% pour l’agglomération toulousaine par exemple. 

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Évolution des niveaux d’oxyde d’azote (NOx) mesurés sur les grands axes routiers en mars 2020 avant et pendant le confinement en France et outre-mer

Retrouvez le communiqué de presse de la fédération Atmo France avec le détail par région : Confinement et pollution automobile 

D’où proviennent ces données ? 
Les NOx ou oxydes d’azote regroupent le monoxyde d'azote (NO) et le dioxyde d'azote (NO2). La source principale d’émission de NOx en ville est le trafic routier pour plus de 2/3. Les observatoires de la qualité de l’air ont donc privilégié ce polluant comme indicateur de la baisse de la pollution automobile. 
Les données analysées proviennent de stations de mesures de la qualité de l’air représentatives de la pollution due au trafic routier. Pour les agglomérations de Lyon et Grenoble (cf infographie nationale ci-dessus), il s’agit respectivement des données mesurées sur les stations au bord du Périphérique Est à Lyon et le long du boulevard Foch à Grenoble. Pour la ville de Lyon, il s’agit de la station de mesure située avenue Jean-Jaurès (7ème arrondissement). 

Focus en Auvergne-Rhône-Alpes

Les principales villes de la région connaissent des diminutions importantes des concentrations d’oxydes d’azote, de l’ordre de -54% à -72%. Les villes de Grenoble, Clermont-Ferrand et Annecy sont celles qui connaissent les plus fortes baisses. A noter que Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Valence et la Vallée de l’Arve font partie des villes concernées par le précontentieux engagé par la Commission Européenne pour non-respect des valeurs réglementaires sur le NO2

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